Bassin houiller de Blanzy Montceau
La dépression du bassin intramontagneux carbonifère de Blanzy - Entre Bert et St Léger/s/Dheune
Le charbon et les hommes par Daniel Sotty















































































Schéma géologique et structural représentant les bassins houillers français et la localisation du bassin houiller permo-carbonifère de Blanzy Le Creusot. Réalisé dans le cadre de l'arrêt des travaux miniers de la concession de Blanzy-Montceau par Yves Paquette Ingénieur Géologue et Géotechnicien - Responsable INERIS - Direction des risques du sol et du sous sol des Houillères du Bassin du Centre et du Midi.

Le bassin sédimentaire permo-carbonifère de Blanzy Le Creusot trouve son origine dans l'existence d'un "grand fossé" d'effondrement (dépression) située entre les deux socles granitiques du Morvan et du Charollais, large de 5 à 10 km, allongé suivant une direction SW - NE sur plus de 100 Km de Bert (Allier) jusqu'à Charrecey après Saint-Léger-sur-Dheune
Cécile Poplin dans son article : Montceau-les-mines, Bassin intramontagneux carbonifère et permien de France en 1994 donne dans son résumé d'introduction cette brève définition du Bassin Houiller de Blanzy Montceau:
" Montceau-les-mines est un fossé d'effondrement à sédiment fluvio-lacuste continue du Stéphanien B au Saxonien. Pendant cette période le climat est passé d'un régime équatorial à un régime tropical."
C'est sur les bordures de ce grand lac tropical à la végétation luxuriante que s'est formé le charbon. Une succession de failles en relation avec un apport important de sédiments provenant des montagnes avoisinantes ont fait que ces couches de charbon se sont trouvés souvent cassées et décalées, rendant beaucoup plus complexe l'exploitation .
Le charbon a été exploité dans le bassin houiller de Blanzy - Le Creusot depuis le milieu du XVIIIème siècle, tout d'abord de manière sporadique sur les affleurements puis de manière aussi intensive que désordonnée après les années 1830 .... cette époque marque le début d'une grande aventure économique régionale capitale et incontournable.



Sur la bordure Nord du bassin houiller permo-carbonifère de Blanzy Le Creusot
Le charbon du Creusot semble avoir été découvert vers 1510, et il a été exploité et utilisé par les maréchaux ferrants jusqu'à deuxième moitié du XVIIIè siècle. En 1769, se crée la Société Lachaise et Cie qui obtient de Louis XV une concession de 50 années. En 1812 la production était de 35000 tonnes. En février 1832, elle est concédée par ordonnance royale à la Compagnie Anonyme des Mines, Forges et Fonderies des Frères Schneider.
Le charbon du Creusot sera exploité plus ou moins normalement jusqu'aux deux bombardements du 17 octobre 1942 et 20 juin 1943, qui inonderont les puits. Plusieurs tentatives de reprises seront tentées mais les Mines du Creusot fermeront définitivement en Août 1946.
Au total 67 puits seront répertoriés pour une production totale entre 1800 et 1943 de 13 Millions de tonnes de Charbon.(voir l'album photo des exploitations de la bordure nord sur montceau-les-mines.com)

Sur la bordure Sud du bassin houiller permo-carbonifère de Blanzy Le Creusot
Les exploitations les plus importantes seront : la concession Saint-Bérain-Sur-Dheune, les concessions de Montchanin et Longpendu et surtout (la plus importante) la concession de Blanzy Montceau


   


Concession de Blanzy Montceau
La concession de Blanzy Montceau exploité entre 1828 et 1986 .... 180 puits et 215,5 millions de tonnes de charbon exploité ..


Daniel fils de mineur et élève à la Cité Ouvrière de La Sablière
Le puits Saint Eugénie en 1900 initialement appelé Puits Cinq Sous en raison de la prime spéciale qui était accordée aux mineurs tant les accidents étaient nombreux et le danger permanent .... il restera pour beaucoup de famille de mineurs le puits du malheur .... les catastrophes ont succédés aux catastrophes pour faire de nombreuses victimes notamment le 12 décembre 1867 où un "coup de grisou" provoqua la mort de 89 mineurs - Bien maigre consolation et hypocrisie des grands de ce monde .... le Puits Cinq Sous sera rebaptisé Puits Sainte Eugénie le 23 février 1868 en souvenir de " l'intervention bienfaisante de l'Impératrice Eugénie en faveur des victimes de l'accident du 12 décembre 1867" ...
Et les accidents ont continués 39 victimes en 1872 et encore 28 en 1895 ....
Quand nous étions enfants dans le début des années 50 ... le supposé emplacement de l'ancien puits Cinq Sous était appelé " les crassiers" par les familles de mineurs ... Une forte odeur de souffre se dégageait des fumerolles et la nuit on découvrait les houillères embrasées dans lesquels apparaissait de partout une multitude de feux follets qui sortaient du sol .... c'était le lieu des "galipotes", des esprits et des dangers .... Enfoui profondément dans la mémoire populaire ... le souvenir des disparus hantait les vivants et nos parents nous mettaient régulièrement en garde car c'était le lieu maudit .
Nous ne nous doutions pas que quelques années plus tard .... le malheur frapperait encore .... le 16 janvier 1958 au matin ... Nous étions au lycée quand les sirènes nous ont glacé le sang ... il y avait eu un coup de grisou au Puits Plichon .... nous sommes sortis pour rencontrer la panique et la peur dans les yeux de tous .... chacun voulait savoir et comprendre alors nous assistions à des convois d'ambulances transportant les grands brûlés .... il y avait 20 victimes ...
Comme tous les jeunes enfants de mineurs ... j'ai alors ressenti les blessures ... j'étais dans un même temps imprégné de haine et de fierté .... oui ... j'étais révolté de constater que des hommes mourraient pour subsister et j'étais fier d'appartenir à cette "communauté de la mine" où les mots solidarité et responsabilité étaient bien réels et vivants .... en effet, après le drame toute la population s'est mobilisée et organisée ... elle n'avait nul besoin "de grands gourous technocrates et de plan machin" ... elle n'avait pas besoin de "psycho-chose institutionnel" ... tous les constituants directs et indirects de la communauté de la mine étaient présents,  unis et solidaires ... direction, médecins, ingénieurs, chefs, mineurs, voisins, parents, enfants ... ... et dans la dignité chacun faisait ce qu'il avait à faire .... il n'y avait plus de hiérarchie ... tous étaient au service des victimes et des familles durement touchées ... Puis la vie et les impératifs économiques reviendront vite au premier plan et viendra aussi le temps de la récupération par les "bons" , les "gentils", les "intelligents", "ceux qui savent et pensent qu'il faut éduquer la masse ", et "ceux qui sont dressés pour changer les gens" .... Quelle école de vie ... cette mine .... ! Quelle chance j'ai eu  que mes parents ne soient pas riches.... ! j'avais 15 ans .... et c'est comme cela que j'ai ressenti ce drame .... Je saurai m'en rappeler ... et oeuvrer contre la fonctionnarite.



Les hommes, la mine et le charbon








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